INFORMATION GENERALE SUR LA GASTROSTOMIE
La sonde nasogastrique :
La sonde classiquement passée par le nez a l'inconvénient d'être inconfortable au niveau du nez et du pharynx, d'être inesthétique et peut de plus favoriser, par régurgitation, l'inhalation des aliments liquides.
Elle n'est donc pas la meilleure des solutions. Elle peut tout de même rendre service en cas d'encombrement passager.
La gastrostomie :
Avant 1981, la solution proposée était la gastrostomie classique pour aboucher l'estomac à la peau, technique réalisée sous anesthésie générale.
Depuis 1981, cette technique tend à être remplacée par la « gastrostomie percutanée endoscopique » (GPE) plus facile à accepter car elle est mise en place sous anesthésie locale, lors d'une hospitalisation de courte durée (en moyenne environ 5j de séjour en hôpital ou clinique) sans nécessité de soins infirmiers en dehors des premiers jours, habituellement sans aucune complication majeure ultérieure et avec la possibilité de poursuivre une alimentation orale.
Elle est bien tolérée à long terme et est bien acceptée socialement.
* Quelles sont les indications ?
Une impossibilité d'avaler ou un amaigrissement important (perte de plus de 10 kg depuis le début de la maladie pour quelqu'un de poids moyen)
* Existe-t-il des contre-indications ?
Oui mais dans la plupart des cas cette intervention est réalisable.
Les contre-indications sont : un encombrement important du carrefour entre les voies respiratoire et digestive, des troubles de la coagulation sanguine, une « hépatomégalie gauche », c'est à dire un foie malade avec une augmentation de volume de la partie gauche du foie (masquant l'estomac), du liquide dans l'abdomen (ascite).
Il existe aussi des difficultés techniques : remaniement de la paroi de l'abdomen du fait d'interventions antérieures, paroi abdominale trop épaisse.
* Comment se passe l'intervention ?
Comme pour une fibroscopie, le patient doit avaler un fibroscope (tuyau muni d'une caméra et d'un éclairage miniaturisé à son extrémité) qui va être glissé jusqu'à l'estomac.
Par illumination au travers de l'abdomen, l'opérateur va pouvoir localiser une zone précise de surface cutanée qu'il sait être en regard de l'estomac.
Après anesthésie locale, il va perforer cette zone.
Ainsi, une sonde va pouvoir être placée avec deux éléments assurant son maintien en bonne position, à l'intérieur un embout fixé sur la paroi interne de l'estomac et à l'extérieur une pastille suturée à la peau.
La durée de l'intervention est assez brève, en général moins de 15 minutes.
Si le malade se sent trop angoissé, on peut lui administrer une prémédication, c'est à dire un médicament avant l'intervention pour l'aider à se relaxer.
Un traitement antibiotique est en général prescrit et débuté avant la pose de la GPE et poursuivi quelques jours après pour éviter les infections locales.
* Modalités d'utilisation
Souvent l'administration des apports nutritifs se fait par gravité, c'est à dire suspension d'un flacon ou d'une poche à un pied à perfusion.
Le problème est de trouver ou de « bricoler » le raccord adapté entre le système choisi et la sonde.
L'alimentation liquide est débutée 24h à 48h après la pose de la sonde et fractionnée en trois prises.
Des informations précises sont donnés à la famille ou à l'entourage pour s'adapter à ce nouveau dispositif et permettre une bonne prise en charge à domicile (soins locaux, préparation nutritives).
Il existe des boîtes d'alimentation liquide toutes prêtes, disponibles en pharmacie et prises en charge par la sécurité sociale, avec un apport nutritionnel équilibré (un bon rapport entre lipides, glucides et protéines).
A l'hôpital, le système mis en route peut être une pompe avec poussoir électrique (Nutripompe) mais ce procédé n'est pas évident à manipuler et est plus coûteux.
Il n'est pas indispensable de faire appel à une infirmière pour les soins locaux.
Il suffit d'assurer une toilette quotidienne en particulier de la région abdominale, de passer une compresse imprégnée d'alcool autour de la région de la stomie puis de poser une compresse sèche.
* Existe-t-il des complications ?
Elles sont mineures et peu fréquentes.
Si une infection survient sur le pourtour de la stomie, des soins locaux vont rapidement la faire disparaître.
Plus rarement, un saignement peut se produire dans l'estomac, le médecin prescrira des médicaments pour y remédier.
Des troubles digestifs (diarrhées, douleurs) peuvent survenir. Il faut alors revoir la nature des apports et leurs fréquences. Une fragmentation des prises et un rafraîchissement des solutions nutritionnelles peuvent suffire pour supprimer ces désagréments.
* Les avantages de la gastrostomie percutanée endoscopique
Le poids se stabilise voire augmente un peu.
L'alimentation est plus équilibrée.
Le malade n'a plus la crainte des fausses routes.
Evitant les problèmes d'inhalation accidentel d'aliments il aura toute chance de diminuer son risque d'encombrement et d'infection broncho-pulmonaire.
Les problèmes d'hypersalivation sont réduits car la production de salive est moins stimulée.
Le malade est plus détendu, son entourage est rassuré.
Il peut même se permettre de conserver voire même dans certains cas de reprendre une alimentation par la bouche.
Source : Extraits d'une fiche technique réalisée par l'Association de Recherche sur la SLA (A.R.S.) et destinée aux soignants et aux personnes concernées par la maladie de Charcot.
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