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INFORMATIONS SUR LA RECHERCHE

Sur les greffes de neurones embryonnaires

 

Sur l'essai clinique débuté en novembre 2002 :

Le deuxième essai clinique de thérapie cellulaire a débuté en novembre 2002 et les résultats devraient être connus dans le courant de l'année 2010.
Il a pour but d'évaluer l'efficacité de la greffe des neurones foetaux (issus d'IVG) dans les zones lésées du cerveau chez les personnes atteintes de la maladie de Huntington.

Une centaine de patients ont été répartis dans onze centres européens : cinq en France, deux en Grande-Bretagne, un en Belgique, un en Suisse, un en Allemagne et un en Italie.


 

Les greffes de neurones embryonnaires inefficaces à long terme - 20 juillet 2009

Aux termes d'une étude, publiée récemment dans la revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences et cosignée par onze autres chercheurs du Québec et des Etats-Unis, il apparaît que les greffes de neurones embryonnaires dans le cerveau de patients atteints de la maladie de Huntington ne parviennent pas, à long terme, à remplacer durablement les neurones détruits par l'affection.  

Cette étude, dirigée par la Pr. Francesca Cicchetti, a porté sur trois patients décédés récemment et ayant été les premiers à recevoir ce type de traitement, il y a dix ans.  

Au cours des deux premières années qui ont suivi la transplantation, l'état de certains patients a connu, de façon transitoire, une légère amélioration clinique.
En revanche, ces effets bénéfiques se sont atténués par la suite.
Les chercheurs ont observé que les cellules greffées subissaient une dégénérescence similaire à celle qui frappait les cellules nerveuses des patients.  
Cette dégénérescence serait attribuable, en partie du moins, à la réponse inflammatoire provoquée par les cellules de défense du cerveau, les microglies.
Les chercheurs ont, en outre, démontré que les neurones du cortex, qui développent eux aussi la pathologie, formaient des contacts synaptiques sur les neurones greffés ; ce qui pouvait causer des phénomènes de neurotoxicité sur les cellules saines, provoquant ainsi la mort des cellules greffées.  

Ces résultats mettent en doute le potentiel thérapeutique de la transplantation de cellules souches ou de cellules embryonnaires dans le traitement de la maladie de Huntington.

Cependant, cette étude permet de mieux comprendre des mécanismes encore méconnus liés au développement de cette maladie.
La compréhension et le contrôle des mécanismes immunitaires et inflammatoires propres à la maladie de Huntington pourraient conduire à des thérapies plus efficaces que la greffe, estime le Pr Cicchetti.

Source : CNW Telbec - Québec - Communiqué de presse du 20/07/2009


 

Activité de courte durée des jeunes neurones (France) - mai 2009 :

Pierre-Marie Lledo et son équipe de l'unité Perception et Mémoire à l'Institut Pasteur ont observé que les nouveaux neurones naissant dans le cerveau adulte et s'intégrant dans le bulbe olfactif présentaient une hyperactivité pendant les douze premières semaines de leur vie, période importante pour leur intégration dans les circuits nerveux, et la perdraient ensuite en quelques semaines pour finalement ressembler à tous les autres neurones.

Les scientifiques ont par ailleurs montré que deux semaines après leur formation, seules 50% de ces nouvelles cellules réussissent leur intégration dans les circuits neuronaux, condition indispensable à leur survie.
Ainsi, seuls certains nouveaux neurones, peut-être les plus actifs, parviendraient à établir de nouvelles connexions.
L'élimination des autres permettrait alors un renouvellement constant et progressif des cellules nerveuses au sein du bulbe olfactif.

Des recherches sont en cours afin de savoir si cette fonction est une spécificité du bulbe olfactif ou si elle fréquente dans le cerveau.

Ainsi, si cette découverte se vérifiait pour d'autres structures cérébrales, elle pourrait expliquer l'échec des greffes de neurones embryonnaires, technique encore expérimentale employée permettant de traiter des patients atteints de maladies neurodégénératives (parkinson, maladie de Huntington …), notamment le fait que ces greffes aient très peu de chances d'être efficaces au-delà du court terme.

Selon les chercheurs, si les nouveaux neurones ne montrent des propriétés importantes que durant quelques semaines, tenter de récupérer certaines fonctions cérébrales à l'aide d'un unique apport cellulaire reste alors illusoire.
Il conviendrait alors de réfléchir à de nouveaux moyens permettant de stimuler les capacités naturelles du cerveau à produire des neurones de façon continue.

Source : Communiqué de presse du CNRS du 6 mai 2009


 

Bilan des greffes intracérébrales de neurones foetaux (débutées en 1996) publié le 27 février 2006

Un premier essai clinique de thérapie cellulaire a débuté en 1996 avec une première greffe de neurones foetaux sur un patient en décembre 1996.

Les médecins et chercheurs français viennent de publier une étude sur l'évolution à long terme sur les greffes de neurones embryonnaires chez cinq malades traités.

La transplantation intracérébrale de neurones sains peut conduire à l'obtention de bénéfices cliniques importants pour les patients.
Les améliorations motrices et cognitives obtenues par cette stratégie persistent quelques années, mais finissent par décliner au bout de quatre à six ans.

Les données recueillies au cours de ces six années confirment l'intérêt thérapeutique de la greffe neuronale dans le traitement de la maladie de Huntington : cette stratégie peut permettre d'obtenir une amélioration significative, puis une stabilisation de l'état des patients.

Cependant, il est également apparu que l'amélioration obtenue n'est que transitoire : la maladie reprend progressivement le dessus quatre à six ans après la greffe.
Bien que décevant, ce résultat ne surprend pas les chercheurs : «Une greffe de neurones ne peut suffire à combattre tous les problèmes liés à la maladie de Huntington», reconnaissent-ils.
En fournissant des neurones neufs et fonctionnels, elle induit simplement une rémission, mais elle n'a pas d'effet neuroprotecteur, capable de stopper ou même de ralentir la maladie.

La thérapie cellulaire intracérébrale avait pour dessein de conduire au remplacement des neurones striataux lésés par des neuroblastes et des précurseurs neuronaux sains.
La théorie voulait que, après une période de maturation et d'implantation, les cellules greffées conduiraient à une amélioration clinique des patients.
Cependant, la durée du bénéfice clinique restait à évaluer.

En 2000, soit deux ans après le début de l'expérience, l'équipe de Peschanski a présenté les premiers résultats du suivi des patients greffés.
Les chercheurs ont alors rapporté une amélioration significative des performances motrices et cognitives chez trois des cinq patients.
Une amélioration de l'activité métabolique cérébrale au niveau des aires du striatum greffées et dans les régions connectées du cortex cérébral avait été mise en évidence chez les patients qui avaient bien répondu à la transplantation.

Aujourd'hui, six ans après la greffe, un des deux patients qui ne montrait aucune amélioration au bout de deux ans est décédé.
La maladie a continué à progresser « normalement » chez le second.

S'agissant de l'amélioration motrice et cognitive : chez les trois autres malades, les bénéfices cliniques constatés deux ans après la greffe ont persisté pendant plusieurs années.
L'amélioration des performances motrices a persisté au moins quatre ans. Les améliorations cognitives semblent encore plus durables.

La dystonie est le symptôme moteur qui est réapparu le plus rapidement chez les trois patients.
Les performances aux tests neuropsychologiques non chronométrés restent assez stables au cours du temps, mais celles aux tests chronométrés finissent par diminuer sensiblement.

En ce qui concerne l'activité cérébrale, l'amélioration frappante observée au bout de deux ans au niveau du cortex frontal et préfrontal persiste.
Cependant, la maladie se diffuse dans le reste du cerveau, et des régions comme le néocortex sont progressivement touchées : les cellules greffées ne peuvent, en effet, agir sur l'activité des régions non connectées au striatum.

Selon Bachoud-Lévi et Coll., il pourrait être possible d'augmenter l'efficacité de cette stratégie de thérapeutique cellulaire en améliorant les procédures chirurgicales et le protocole de sélection des patients.
Mais l'utilisation d'un traitement neuroprotecteur est indispensable pour venir à bout de la maladie de Huntington.

La stratégie idéale vers laquelle il faut désormais tendre se fonde donc sur une combinaison de principes : «La neuroprotection peut stopper la maladie, mais seule la greffe peut restaurer les fonctions perdues», concluent les auteurs.

Source : article d'Elodie BIET - Site Neurospy.fr
le « Lancet », publication en ligne du 27 février 2006.

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