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Des chercheurs de l'institut de Gladstone découvrent un médicament candidat
pour les maladies de Huntington et d'Alzheimer (U.S.A.)

 

Les scientifiques de l'Institut Gladstone ont identifié un médicament candidat, un inhibiteur de KMO, qui diminue les effets de la maladie d'Alzheimer et de la maladie de Huntington chez des modèles animaux.

L'enzyme KMO

Une enzyme, appelée KMO (kynurénine-3-monooxygénase), qui contrôle l'équilibre des substances chimiques du cerveau, nocives et protectrices, a été, depuis plusieurs années, au centre de la recherche en vue de possibles traitements pour la maladie de Huntington.

L'histoire de l'enzyme KMO a commencé en 1983, une décennie avant la découverte du gène responsable de la maladie de Huntington.
Le Dr Robbie Schwarcz avait remarqué que l'injection d'une substance chimique toxique, l'acide quinolinique (Quin), dans les cerveaux des souris produisait des dégâts semblables à ceux constatés dans les cerveaux des personnes atteintes de la maladie de Huntington.
L'acide quinolinique, produit naturellement dans le cerveau, provoque des dommages en stimulant de manière excessive les neurones jusqu'à ce qu'ils meurent ; il s'agit de la mort excitotoxique.

Si l'enzyme KMO est très active, cela entraîne une production d'acide quinolinique (Quin), produit chimique toxique.
Si elle est moins active, l'acide kynurénique (Kyna) est produit à la place de l'acide quinolinique. L'acide kynurénique a des effets opposés à ceux de l'acide quinolinique ; il protège, en effet, le cerveau des dégâts causés par des produits chimiques, tel que l'acide quinolinique.

Des études ont montré que les taux d'acide quinolinique dans les cerveaux des patients atteints de la M.H. étaient anormalement élevés, alors que les taux d'acide kynurénique étaient faibles – une situation qui pourrait provoquer des dommages excitotoxiques, à moins que l'équilibre puisse être restauré.

Ainsi, une réduction de l'activité de l'enzyme KMO pourrait être une façon de protéger les neurones des dommages excitotoxiques.

Le médicament candidat

Lors de tests effectués en laboratoire sur des souris modifiées génétiquement pour reproduire l'une ou l'autre des deux maladies, l'équipe du Dr Muchowski a constaté qu'un médicament, appelé JM6, inhibe l'enzyme KMO (kynurenine-3-monooxygénase).

Chez les modèles murins de la maladie de Huntington, le nouveau composé a empêché l'inflammation du cerveau et la perte des connexions synaptiques entre les cellules du cerveau, tout en prolongeant la durée de vie.

Chez les modèles murins de la maladie d'Alzheimer, le médicament JM6 a empêché les déficits de la mémoire et la perte des connexions synaptiques entre les cellules du cerveau, qui sont tous deux les principales caractéristiques de la maladie humaine.

Ce qui a été surprenant, c'est que le médicament ne pénètre pas dans le cerveau, étant bloqué par la barrière hémato-encéphalique, mais il fonctionne par inhibition de l'enzyme KMO dans les cellules sanguines, provoquant la production d'une substance chimique, appelée kynurénine.

La kynurénine peut traverser la barrière hémato-encéphalique, et une fois dans le cerveau, elle est convertie en acide kynurénique, lequel protège le cerveau.

Le fait que ce médicament ne traverse pas la barrière hémato-encéphalique facilitera les essais chez les patients, de même que l'impact potentiel du médicament JM6 pourrait être confirmé par un simple test sanguin.

Certainement de bonnes nouvelles

Il s'agit d'une recherche passionnante qui confirme que des médicaments inhibant l'enzyme KMO peuvent protéger de certains dommages survenant dans la maladie de Huntington.

Les conclusions de la présente étude sont renforcées par une autre étude également publiée en ligne, au mois de juin 2011, dans le journal Current Biology.
Dirigée par le Dr Flaviano Giorgini, de l'Université de Leicester (Royaume-Uni), celle-ci des preuves génétiques et pharmacologiques convaincantes de l'importance de l'enzyme KMO chez les mouches à fruits génétiquement modifiés pour simuler la maladie de Huntington ( article du 5 juin 2011).

Le Dr Muchowski est optimiste quant à l'aptitude de JM6 à être testé dans des essais cliniques humains dans un laps de temps relativement court.
Les résultats positifs issus de l'essai sur des modèles murins de la maladie d'Alzheimer sont susceptibles d'augmenter les chances d'une mise en œuvre rapide du médicament, donnant un coup de pouce aux bénéfices potentiels pour les patients MH.

L'institut Gladstone, en collaboration avec l'University of Maryland School of Medicine (U.S.A), examine actuellement les différents moyens d'impliquer le médicament JM6 dans des essais cliniques humains de phase I (innocuité), qu'il espère dans le courant de l'année 2013.

Traduction libre (Dominique C. - Michelle D.)

Sources :
Article du 2 juin 2011 – Institut Gladstone (San Fransisco)
- Article du Dr Ed Wild du 2 juin 2011.

Mise en ligne le 5 juin 2011    /   Contact :    /   Plan du site   /   Archives