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La quête de modificateurs génétiques (U.S.A.)

 

L'âge d'apparition de la maladie est très variable dans la maladie de Huntington, de l'enfance à la vieillesse.
L'analyse statistique de larges échantillons de patients montre que le seul facteur le plus important, influençant l'âge d'apparition, est le nombre de CAG, expliquant les deux tiers de la variance.
Plus le nombre de CAG est élevé et plus l'âge d'apparition de la maladie sera avancé.
Bien que ce rapport entre l'âge d'apparition et le nombre de CAG soit très clair au niveau global, il existe d'importantes variations parmi les individus, et il est possible pour deux personnes ayant le même nombre de débuter à dix ans, ou plus, d'intervalle.

Les analyses des données recueillies dans la région du lac de Maracaibo au Venezuela, où il existe un pourcentage élevé d'individus avec le gène de la M.H., montrent que les facteurs environnementaux et génétiques jouent, tous deux, un rôle dans la production de ces variations.
Les facteurs environnementaux ne sont pas clairs mais il est raisonnable de supposer que les pratiques de bonne santé pourraient faire une différence.

Certains progrès ont été réalisés dans la quête des modificateurs génétiques et il y a de bonnes raisons de les chercher.

La protéine MH provoque de nombreux processus pathologiques dans le cerveau et il est difficile de déterminer quels objectifs pourraient être prioritaires pour le développement de médicaments.
Si une variation dans un gène, associé avec un processus altéré dans la M.H., a pour résultat une anticipation ou un retard de l'âge d'apparition, alors il s'agit d'une bonne indication d'un domaine dans lequel les traitements pourraient être développés car ils sont susceptibles d'être efficaces.
En outre, étant donné que le modificateur affecte l'âge d' apparition, il implique une pathologie précoce, plutôt que tardive, dans le processus de maladie.

[...]

Deux chercheurs de la « Coalition for the Cure », les Dr. James Gusella et Dr. Marcy MacDonald, ont passé en revue les études sur les modificateurs génétiques dans un nouvel article de journal et ont noté quelques limitations.

Premièrement, les études portaient sur un petit nombre de participants, ce qui rend difficile la recherche des modificateurs et l'obtention d' une signification statistique.
Certaines de ces études, qui ont trouvé un modificateur génétique probable, n'ont pas pu être reproduites dans une étude ultérieure.

Deuxièmement, il y a eu des problèmes méthodologiques.
Plusieurs hypothèses testées devaient être corrigées statistiquement.
Lorsqu'un chercheur effectue un travail d'exploration et d'essais pour un certain nombre de variables possibles, la probabilité qu'une association soit trouvée augmente, laquelle a été, en fait, seulement produite par le hasard et sans lien de causalité.

Troisièmement, certaines de ces études n'ont pas lié une variation génétique à un mécanisme spécifique.
Par exemple, deux études distinctes ont constaté qu'un polymorphisme du gène PPARGC1A était associé à une apparition retardée mais on ne sait pas ce que cette variation fait exactement.

Quatrièmement, en observant seulement des gènes que l'on pense avoir un lien avec les circonstances aggravantes ou atténuantes d'une pathologie connue de la M.H. ; les chercheurs pourraient ne pas tenir compte d'autres modificateurs génétiques possibles.

Les Drs. Gusella et MacDonald ont conclu que le potentiel de ce type de recherche peut être élargi en faisant des analyses à l'échelle du génome sur de larges échantillons d'individus et en adoptant une approche impartiale par opposition à une approche candidate.

Dans une approche candidate, un chercheur se penche sur les variations génétiques dans une protéine soupçonnée d'être impliquée dans la pathologie de la M.H.
Par exemple, la perte du BDNF semble être une pathologie majeure dans la M.H., alors les chercheurs se sont penchés sur les variations dans le gène BDNF pour voir si elles sont associées à une apparition plus précoce ou plus tardive que prévu.
Aucune association n'a été trouvée, suggérant que la perte du BDNF n'est pas un facteur menant à une apparition comme il a été classiquement défini, telle l'apparition des symptômes moteurs, et elle continue d'être ainsi définie pour les besoins de ces études.

Dans l'approche impartiale, aucune hypothèse ou supposition n'est faite.
En observant l'ensemble du génome d'un très large échantillon d'individus, les chercheurs devraient être en mesure de trouver des modificateurs génétiques jusque là insoupçonnés, s'ils sont présents, et de résoudre les questions soulevées lors d'études d'une petite population de patients.

Merci aux volontaires du monde entier ayant donné des échantillons pour analyse génétique, il devrait bientôt être possible pour les chercheurs de mener de telles études.
Les résultats sont susceptibles d'être très utiles pour guider le développement de nouveaux traitements.

Traduction libre (Dominique C. – Michelle D.)

Source : article de Marsha L. Miller, Ph.D., du 29 octobre 2009 (site HDSA)

Autres articles sur les modificateurs génétiques : article de janvier 2009 - article de décembre 2007

Mise en ligne le 8 novembre 2009    /   Contact :    /   Plan du site   /   Archives