INFORMATIONS SUR LA RECHERCHE
Une nouvelle source de production de neurones dans le cerveau adulte (France)
Des chercheurs de l'Institut Pasteur et du CNRS viennent d'identifier une nouvelle source de production de neurones dans le cerveau adulte.
Leurs travaux, publiés dans le Journal of Neuroscience, apportent la preuve des capacités intrinsèques du cerveau à s'auto-réparer.
Ils ouvrent ainsi des perspectives inattendues pour le développement de thérapies, notamment pour le traitement des pathologies neurodégénératives, comme la maladie de Parkinson ou la Chorée de Huntington.
En 2003, Pierre-Marie Lledo et son équipe, à l'Institut Pasteur, avaient montré que certaines cellules non-neuronales, appelées cellules gliales Les cellules gliales constituent le type cellulaire le plus abondant du cerveau.
Elles communiquent avec les neurones, les maternent et participent au contrôle de l'activité neuronale., pouvaient se transformer en neurones, eux-mêmes capables d'intégrer des réseaux cellulaires existants.
En 2004, la même équipe, en collaboration avec l'équipe du professeur Melitta Schachner (Université de Hambourg, Allemagne), démontrait qu'une molécule sécrétée par le bulbe olfactif, la tenascine, possédait la faculté d'attirer les neurones immatures jusqu'à cette région, où ils se différenciaient en véritables neurones. (à ce sujet : article - mars 2004)
Aujourd'hui, Pierre-Marie Lledo et son équipe apportent de nouveaux espoirs pour les stratégies thérapeutiques qui visent à réparer le cerveau.
En collaboration avec l'unité de Virologie moléculaire et vectorologie (à l'Institut Pasteur), les chercheurs prouvent en effet que ces cellules souches de type glial, capables de se transformer en neurones, sont localisées non seulement dans la zone de formation qu'ils ont identifiée en 2003, mais également tout le long d'un tunnel dans lequel migrent les nouveaux neurones, ainsi que dans le bulbe olfactif.
Les chercheurs ont pu observer et prouver directement ce phénomène grâce à la mise au point d'un vecteur viral capable de cibler spécifiquement les cellules gliales et de les rendre fluorescentes.
Après avoir injecté ce vecteur dans la zone neurogénique déjà connue, puis dans de nouveaux territoires, ils ont constaté que de nombreuses régions du cerveau devenaient fluorescentes, et possédaient donc la capacité unique à produire des neurones.
La même équipe a, en outre, démontré que la transformation de cellules gliales en neurones était intensifiée à la suite d'une lésion ayant entraîné la perte des sens olfactifs, ce qui démontre définitivement les propriétés d'autoréparation du cerveau humain.
« Ces travaux donnent un nouvel éclairage sur les fonctions réparatrices du système nerveux central, conclut Pierre-Marie Lledo. En détournant des neurones nouvellement formés depuis leur zone germinative vers les régions lésées, on pourrait en effet espérer contribuer à élaborer de nouvelles stratégies thérapeutiques, pour le traitement des pathologies neurodégénératives comme la chorée de Huntington ou la maladie de Parkinson.»
Sources : Communiqué de presse du CNRS du 23/10/2008 – Futura-Sciences
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