INFORMATIONS SUR LA RECHERCHE
Un ancien médicament se révèle être prometteur pour la maladie de Huntington (U.S.A.)
Le Clioquinol, un antibiotique qui a été retiré des ventes aux Etats-Unis en 1971 mais qui est toujours disponible dans certaines applications, semble bloquer l'action génétique de la maladie d'Huntington chez les souris et les cultures de cellules, selon une étude du Dr Stephen Massa, neurologiste au Centre Médical de San Francisco et qui a été rapportée le 16 août 2005 dans l'Académie des Sciences Nationales.
Dans l'étude du Dr Massa, le Clioquinol semble interrompre la production de l'huntingtine mutante.
Dans la première partie de son étude, Massa et son équipe ont testé l'effet du Clioquinol sur des neurones de cellules de culture qui contenaient une forme mutante du gène d'Huntington.
« Nous avons découvert que non seulement les cellules survivaient plus longtemps après leur exposition à l'antibiotique mais également qu'elles fabriquaient moins de protéines toxiques »
En se basant sur les résultats in vitro, Massa décida de tester l'antibiotique in vivo, sur des souris porteuses de protéines huntingtine.
Les souris ont reçu 1 milligramme de Clioquinol par jour dans de l'eau.
Après huit semaines de traitement, elles ont accumulé quatre fois moins d'huntingtine dans le cerveau que les souris porteuses du gène qui n'avaient reçu que de l'eau.
Les souris expérimentales ont vu leur espérance de vie prolongée de 20% par rapport aux autres, ont mieux réussi leurs tests de coordination motrice et ont perdu moins de poids.
« C'est une étude limitée, dans le sens où nous avons utilisé le même dosage sur toutes les souris, donc nous n'avons pas pu comparer différentes doses, mais qui se révèle assez convaincante. », a conclu le Dr Massa. « Les deux résultats in vitro et in vivo suggèrent que le Clioquinol réussit à diminuer les symptômes d'Huntington, sa pathologie et peut-être également sa production de protéines toxiques. »
« Cependant, le mécanisme d'action de l'antibiotique n'est pas clair. » Lorsque ce mécanisme sera trouvé, les chercheurs pourront éventuellement créer un médicament qui sera à la fois sûr et effectif.
Les prochaines recherches du Dr Massa porteront sur la création d'un système in vitro dans lequel des formes toxiques et non toxiques d'huntingtine seront présentes dans la même cellule.
Son équipe pourra alors évaluer les effets du Clioquinol sur différentes phases de protéines de synthèses à l'intérieur de la cellule.
Cependant, Dr Massa prévient que les résultats de transfert de la drogue de l'animal sur l'homme ne sont pas bons.
Actuellement, le Clioquinol est interdit d'usage à cause de ses effets secondaires. Au Japon, en fin d'année 50 et début 60, l'antibiotique était responsable de perte de la vision, faiblesse musculaire, insensibilité sur plusieurs milliers de personnes.
Cependant, les doses données dans les essais cliniques actuels sont moindres comparées à celles prescrites au Japon.
De plus, il a été démontré que la prise de vitamine B12 en même temps que l'antibiotique protégeait de ses effets toxiques.
Traduction libre (Dominique C.)
Source : University of California - San Francisco - Sciencedaily du 12 septembre 2005
|