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Neurologie - Une molécule clé pour réparer le cerveau (France)

 

C'est un pas en avant vers l'utilisation de cellules souches neuronales pour tenter de "réparer" des zones cérébrales lésées, un espoir que caressent des centaines de milliers de malades dans le monde.
Des chercheurs de l'Institut Pasteur, sous la direction de Pierre-Marie Lledo, viennent de découvrir la fonction d'une molécule clé, la tenascine, capable d'attirer comme sur un tapis roulant de nouveaux neurones et de les guider vers des zones à régénérer.
Cette étude ouvre des perspectives intéressantes pour le développement de thérapies réparatrices cérébrales.

L'équipe de Pierre- Marie Lledo à l'Institut Pasteur avait déjà démontré l'an dernier que le cerveau adulte est capable de fabriquer des nouveaux neurones qui s'intègrent dans le réseau neuronal et sont capables d'y établir de nouvelles connexions.

Mais comment des neurones immatures pourraient être acheminés vers les zones à régénérer ?
Les chercheurs de l'équipe de Pierre-Marie Llado, en collaboration avec l'équipe de Melitta Schachner de Hambourg (Allemagne) ont minutieusement examiné chez la souris ces événements au niveau du bulbe olfactif, premier relais cérébral de la réponse aux odeurs.
Le bulbe olfactif est un des rares tissus cérébraux où l'on peut observer encore chez l'adulte le recrutement de nouveaux neurones.
Puis, en faisant produire cette molécule par une autre région du cerveau, toujours chez la souris, les scientifiques ont observé que ces précurseurs neuronaux étaient détournés de leur trajet initial pour aller dans des territoires où ils n'auraient jamais dû aller.

La tenascine permet donc de cibler la destination de néo-neurones vers de nouvelles zones. Avec la possibilité à plus ou moins long terme de mettre à profit une telle qualité pour élaborer de nouvelles stratégies de traitement des maladies neuro-dégénératives. Comme par exemple dans la maladie de Parkinson.
En faisant exprimer la tenascine dans le striatum, l'un des systèmes de contrôle de la motricité (qui est altéré dans la maladie), ils ont réussi -toujours chez la souris à acheminer de nouveaux neurones fonctionnels dans ce territoire.
Reste à savoir si cela se traduira par une réelle récupération des fonctions perdues.

Des protocoles de recherches similaires vont être lancés chez le singe.
Par la suite, cette équipe va tenter de comprendre les mécanismes qui régulent la production de la tenascine, voire ceux qui augmenteraient sa production.

"Ces travaux enrichissent en tout cas nos connaissances dans le domaine des mécanismes cérébraux de la mise en place des réseaux neuronaux et donnent un nouvel éclairage sur les fonctions réparatrices du système nerveux central", conclut Pierre-Marie Lledo.

Extrait d'un article paru dans l'actualité des sciences et de la médecine
Source : Le Figaro - 27 mars 2004

Mise en ligne en avril 2004    /   Contact :    /   Plan du site   /   Archives