La maladie de Huntington : Existe-t-il des traitements

 

Pour le moment, il n'existe aucun traitement qui ralentisse ou stoppe la maladie de Huntington.
Cependant, plusieurs médicaments, lesquels peuvent parfois avoir des effets secondaires, permettent de limiter certains effets de la maladie (les mouvements choréiques, les troubles cognitifs et psychiatriques).

La kinésithérapie, l'orthophonie et l'ergothérapie peuvent quant à eux permettre d'améliorer l'état d'une personne atteinte de la maladie de Huntington.

De nombreuses recherches sont entreprises pour découvrir un traitement et parmi les scientifiques étudiant la maladie de Huntington, peu partage la même méthodologie de recherche ou d'approche.
Pourtant, chacune de leurs études est une contribution inestimable à la lutte contre cette maladie.

Pour comprendre ces différences de méthodologie ou d'approche, il convient de préciser qu'une longue cascade d'évènements doit avoir lieu avant qu'une personne ne manifeste réellement les symptômes de la maladie.

La cascade des évènements :

* En tout premier lieu, cette personne doit avoir un allèle responsable de la M.H. dans son ADN.
Cet allèle, responsable de la M.H., est à l'origine de la forme altérée de la protéine huntingtine.

* Lorsque la protéine huntingtine est altérée, celle-ci influera alors négativement sur les autres protéines des cellules nerveuses, étant précisé que les protéines jouent un rôle important dans les processus biologiques nécessaires au fonctionnement des cellules.
Au fil du temps, ces influences négatives occasionneront des dommages à l'environnement des cellules nerveuses.

* Les cellules nerveuses endommagées altéreront les mitochondries (petits organites essentiels dans les processus énergétiques cellulaires) et de ce fait, elles seront incapables de communiquer normalement avec les autres cellules nerveuses.

* L'altération des mitochondries occasionnera un déséquilibre de certaines substances chimiques dans les cellules nerveuses, entraînant en particulier la production de produis toxiques pour les cellules, appelés radicaux libres, substances nocives fabriquées par le corps et protégeant l'organisme des éléments infectieux mais qui, produits en excès, se mettent à dégrader les parois des cellules, les protéines ou l'ADN.

* Des problèmes de communication se manifesteront dans les cellules nerveuses vulnérables et par ailleurs, dans des neurotransmetteurs, comme le glutamate, provoquant un glutamate toxique pour la cellule nerveuse.

* En outre, l'altération de l'environnement des cellules nerveuses entraînera la production de certaines protéines, lesquelles provoqueront l'apoptose ou mort programmée des cellules.

Lorsque cette série d'évènements provoque la mort des cellules nerveuses dans l'une des structures du cerveau, le striatum (noyau caudé et putamen), les fonctions motrices, cognitives et psychiatriques, auxquelles elle participe, souffrent ; et l'individu commence à manifester les symptômes de la M.H.

Parce que chaque étape de cette cascade d'évènements menant à la M.H. est nécessaire, la recherche de moyens pour la stopper à n'importe quel stade pourrait être bénéfique.

Quelques exemples de recherche à différentes étapes de la cascade d'évènements menant à la maladie :

* La cascade d'évènements débute avec un allèle muté, caractérisé par une répétition anormale du triplet CAG.
Il y a de nombreuses étapes dans le processus complexe par lequel le gène code pour la protéine huntingtine.
Certaines de ces étapes, si elles sont modifiées correctement, pourraient aboutir à l'expression d'une protéine huntingtine normale au lieu d'une protéine altérée.

- A cet égard, les chercheurs étudient des protéines, telles que HDBP1 et HDBP2, lesquelles jouent un rôle dans la transcription du gène Huntington.
- D'autres chercheurs étudient des techniques, telles que réduire au silence le gène ou l'interférence de l'ARN avec une molécule appelée petit ARN interférent (siARN).

* Au stade suivant de la cascade d'évènements, de nombreux chercheurs observent la protéine huntingtine elle-même, essayant de déterminer pourquoi, en ayant quelques copies supplémentaires de la glutamine, l'acide aminé transforme la protéine normale en une protéine très dommageable.

- Des chercheurs ont étudié les processus par lesquels la huntingtine est mutante, ainsi que le rôle que joue la protéine normale dans la cellule nerveuse.
- En outre, d'autres chercheurs étudient comment les protéines, comme SUMO-1, affecte le repliement de la protéine huntingtine et testent l'efficacité de produits chimiques pour lutter contre la toxicité de cette protéine.

* Dans une autre étape du processus de la maladie, de nombreux chercheurs tentent d'identifier les éléments qui endommagent l'environnement des cellules nerveuses (et conduisent à une éventuelle détérioration mitochondriale et à une toxicité du glutamate).

- Certains concentrent leurs efforts sur les agrégats de la protéine huntingtine, bien qu'on ne sait toujours pas s'ils sont une cause des symptômes MH ou simplement un résultat de la maladie.
- D'autres étudient comment les fonctions de la protéine CBP et de certaines autres protéines sont affectées par la protéine huntingtine altérée.
Ces protéines peuvent faire partie des processus critiques à l'intérieur de la cellule, de sorte qu'un nombre de recherches ont pour objet une amélioration de leurs fonctions ou la découverte de remplaçants pour celles-ci.
- Les scientifiques étudient également la dérégulation transcriptionnelle, un phénomène qui se produit lorsque la protéine altérée perturbe le processus normal de transcription dans les cellules nerveuses vulnérables.

* A un stade ultérieur de la cascade d'évènements, certains chercheurs essaient d'obtenir des moyens pour réparer les lésions mitochondriales dans les cellules nerveuses, de manière à maintenir des niveaux appropriés de calcium et d'inhiber la production de radicaux libres.

* Enfin, des chercheurs étudient la maladie de Huntington en orientant leurs efforts sur la fin de la cascade d'évènements.

- Certains essaient d'obtenir des moyens de lutter contre l'activité des caspases qui conduit à l'apoptose.
- D'autres chercheurs testent des produits chimiques pour aider à éliminer les radicaux libres lorsqu'ils sont produits.
- D'autres encore étudient les récepteurs du glutamate et les gènes codant pour eux dans l'espoir de découvrir le moyen de rendre le glutamate moins toxique pour les cellules nerveuses endommagées.

Si une substance ou une technique était capable d'inhiber totalement un stade donné dans la cascade d'évènements, la suite des évènements pourrait ne jamais se réaliser et la personne pourrait ne jamais montrer des signes ou des symptômes de la maladie.
Dans l'hypothèse où une substance ou une technique correspond à cette description, elle serait probablement un remède pour la M.H.

Toutefois, parce que les traitements actuels inhibent seulement partiellement un stade de la cascade d'évènements ou simplement combattent les symptômes plutôt que les mécanismes sous-jacents, la chaîne d'évènements conduisant à la maladie persiste.
De nombreux chercheurs pensent qu'un remède pour guérir la M.H. ne reposera pas sur une solution miracle mais plutôt sur une combinaison de plusieurs substances et techniques.

Ainsi, chaque approche de groupes de recherche sur l'étude de la M.H. est comme une petite pièce apportée au vaste puzzle M.H.

(Source : Site Hopes)

Sur les recherches scientifiques.

Outre la recherche thérapeutique, ciblée sur les mécanismes de la maladie de Huntington, et la thérapie pharmacologique (élaboration de molécules capables d'éviter la dégénérescence neuronale), il existe d'autres approches :

* La thérapie cellulaire (technologie réparatrice) : il s'agit de pratiquer des greffes de neurones embryonnaires dans le striatum des personnes atteintes de la M.H. ( sur l'essai clinique actuel - Page mise à jour le 14 juillet 2010)

* La stimulation cérébrale profonde : article du 19 novembre 2012

* L'introduction dans le cerveau (thérapie génique) de facteurs neurotrophiques, comme le facteur neuro-trophique ciliaire (CNTF), pour aider le cerveau à se protéger contre les effets dégénératifs de la maladie.

* La thérapie génique et notamment le silençage génique : La technique de l'interférence ARN (ARNi) cible le gène défectueux de la maladie de Huntington en le réduisant en silence, laissant la version saine du gène continuer son travail et assurer ses fonctions vitales ( article du 25 mars 2011)

Un consortium international se consacre à la recherche clinique sur la maladie de Huntington au Canada, aux Etats-Unis, en Italie, en Allemagne, en Espagne, en Belgique, en Angleterre, pour ne citer qu'eux.

Sur la recherche et le développement de médicaments - 20 novembre 2009

Michelle D.
Mise à jour le 17 février 2014