Expériences intéressantes en "science ouverte" par des chercheurs M.H.
Des scientifiques courageux ouvrent leurs cahiers de notes afin d'aider à mener la recherche, au risque de se faire "devancer".
Mise en ligne le 25 avril 2018

Les Docteurs Rachel Harding et Tam Maiuri font un acte de foi afin que les découvertes de la recherche MH soient rapides et ouvertes à tous.
Elles publient en ligne en temps réel leurs notes de laboratoire sur la recherche fondamentale MH au risque de perdre le mérite de leur travail.
Elles espèrent ainsi accélérer la voie de la découverte pour des traitements MH plus efficaces.

Science et partage

La science a été construite sur le partage et la réplication.
Lorsqu’une découverte est faite, les scientifiques sont chargés de vérifier les résultats de chacun d'entre eux.
Ils ne peuvent le faire que s’ils ont accès aux résultats de chacun d'entre eux.
Une fois que la découverte a été testée, réévaluée et confirmée exacte, elle peut aller de l’avant au profit des communautés au sein desquelles nous vivons.

Actuellement, la découverte scientifique est annoncée lentement car les scientifiques gagnent en crédibilité en publiant leurs découvertes dans des revues académiques.
Selon le Dr Michael Eisen, enquêteur à l’Institut médical Howard Hughes, il faut en moyenne neuf mois pour être publié dans une revue.

En raison du faible taux de publication, de nombreux scientifiques peuvent effectuer les mêmes expériences à la fois, sans le savoir.
Cela ralentit le taux des découvertes dans des domaines tels que la recherche MH, où le temps est essentiel.

Bien que des expériences soient en cours, les scientifiques ne mettent généralement pas leurs résultats à la disposition du public.
L’une des raisons est qu’ils risquent de se faire "devancer" et que d’autres publient leurs découvertes en premier.
A l’heure actuelle, la publication d’un scientifique dans une revue académique sert de crédibilité afin que celui-ci puisse poursuivre ses recherches.
Se faire devancer, c'est comme perdre une course que vous réalisez depuis des années, sans prix pour la deuxième place.
Cela crée une culture du secret dans la communauté scientifique.

Beaucoup se demandent comment le taux et la croissance des découvertes scientifiques changeraient si tout le monde avait accès à des résultats en temps réel.
Et si tous les grands esprits scientifiques – même ceux sans argent pour s’abonner à des revues académiques – pouvaient aborder en même temps des questions dans le cadre de la MH ? Auraient-ils à présent trouvé des traitements plus efficaces ?

  La science ouverte avec Rachel Harding

Le Docteur Rachel Harding, une chercheuse MH, brise le secret habituellement observé dans la science en prenant un grand risque pour sa carrière.
Elle étudie la structure 3D de la protéine huntingtine mutante, laquelle joue un rôle dans le développement de la MH.
Afin d’accélérer ce processus, elle publie ses notes de laboratoire en ligne afin qu’elles soient vues par les scientifiques et les non-scientifiques.

La chercheuse postdoctorale, en début de carrière, travaille actuellement à l'Université de Toronto, au Structural Genomic Consortium (SGC).
Le Docteur Harding a lancé un "projet de cahier de notes ouvert" il y a deux ans, et a récemment aidé douze autres scientifiques, en début de carrière au sein du SGC, ayant leur propre plate-forme à publier leurs résultats pertinents ( Extreme Open Science Initiative).
Ces scientifiques sont particulièrement audacieux car leurs futurs postes de travail et subventions reposent sur leur historique de publications.
Si leurs résultats sont récupérés avant leur publication, cela pourrait nuire à leurs trajectoires de carrière.

« J'ai la conviction fondamentale que la recherche devrait être partagée aussi largement que possible avec autant de personnes que possible » a indiqué le Docteur Harding.
Elle continue d’expliquer : « Le partage précoce présente de nombreux avantages, tels que l'implication d'autres chercheurs dans votre travail.
Vous accomplissez des réalisations beaucoup plus rapidement que vous ne le feriez autrement ».

Faire collaborer en temps réel des scientifiques du monde entier sur des expériences accélérerait le processus de découverte de traitements MH efficaces.
« La maladie de Huntington est une maladie qui affecte des personnes à l’échelle mondiale, pas seulement des personnes riches qui possèdent des abonnements à des revues académiques » précise le Docteur Harding, « Si nous sommes en train d’étouffer la recherche qui a été réalisée, cela n’est pas bénéfique pour nos patients ou leurs médecins qui pourraient avoir besoin de lire sur la recherche ».

Les résultats que le Docteur Harding publient évitent le jargon scientifique car, selon son site Web « plus il y a de personnes qui peuvent comprendre ces travaux, mieux c’est ».

Les efforts de la science ouverte avec Tam Maiuri et Ray Truant

Le Docteur Tam Maiuri collabore avec le Docteur Harding afin d’accélérer le processus de découverte scientifique au sein de la communauté MH.
Maiuri travaille avec le Docteur Ray Truant à l’Université McMaster.
Selon leur site Web, le laboratoire « s’efforce de développer par tous les moyens nécessaires une thérapie pour la maladie de Huntington ».
Cela a conduit leur décision en 2017 de commencer à publier en temps réel les résultats de leurs projets.

« En plus d’accélérer le rythme de la recherche, nos cahiers de notes ouverts rendent l’information accessible au reste de la communauté MH, pas seulement aux scientifiques » déclare Maiuri, « Cela a des avantages qui vont au-delà de l'application des connaissances, comme soulager l'anxiété de l'inconnu et donner de l'espoir quant aux mesures prises pour étudier la maladie de Huntington, et établir des attentes réalistes quant au rythme de la recherche scientifique ».

En conclusion, quelques scientifiques MH courageux s’éloignent du secret des revues académiques et vont vers une science plus accessible.
Les Docteurs Harding et Maiuri risquent leur crédibilité et leur carrière afin de rendre les découvertes rapides et largement communiquées dans la communauté.
En diffusant leurs données en temps réel, ces scientifiques pourraient accélérer la découverte de nouveaux traitements thérapeutiques pour la MH.
Suivez leurs parcours sur les liens suivant : Lab Scribbles  Ray Truant Laboratory

Traduction libre (Dominique C. - Michelle D.)

Source :   - Article de Anna Marie Yanny du 20 avril 2018

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